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Mardi 16 juin - Jour 9 Réveil à 4h45. Mes affaires sont prêtes, la seule chose qui me reste à faire c'est de remplir mon Camelbak (poche à eau isotherme portée comme un sac à dos) de - presque - 3 litres avec l'eau du gallon que j'ai acheté hier et que j'ai mis dans le frigo de la chambre. Sauf que
les Américains sont tellement habitués à boire glacé que le frigo est réglé au maximum et que du coup la flotte est gelée au niveau du goulot ! Je dois la passer sous l'eau chaude pour que l'eau coule librement ! Je quitte l'hôtel à 5h10 et 45 minutes plus tard je laisse le bitume pour m'engager sur une piste de terre. Après quelques minutes je dois ralentir, devant moi un 4x4 se promène tranquillement. Poli, je le suis un moment à distance, puis je décide que je ne me suis pas réveillé si tôt pour mettre 3 plombes à rejoindre le départ du trail, et que si le gars ne sait pas conduire
Tant pis pour lui, je le double ! J'arrive au parking à 6h20 et j'entame la randonnée 10 minutes plus tard. Alors que je m'éloigne du parking à pied, le 4x4 arrive seulement
Je commence très fort puisque je loupe le premier embranchement du chemin ! Heureusement je m'en aperçois vite et récupère la bonne voie. En signant le registre d'entrée qui sert aux rangers à repérer si tous les randonneurs sont bien ressortis du secteur, j'apprends qu'il y a des « African Honey Bees » dans le coin - mais si, vous savez bien, on les appelle aussi « Abeilles tueuses » - et je vois qu'il y a déjà 5 personnes qui sont passés ce matin. Pour monter jusqu'à The Wave il y a plusieurs méthodes, la première est de partir tôt et de faire l'aller-retour de façon à être revenu au parking en fin de matinée pour éviter les grosses chaleurs. L'inconvénient de ce timing est qu'on n'est pas sur le site à la meilleure heure pour les photos. Une autre option, celle de Sedonax, une pointure de VF, est de partir tôt mais au lieu de monter directement à The Wave, de d'abord explorer un canyon qui est juste à coté, ce qui permet de n'arriver qu'en fin de matinée sur le site et ainsi d'éviter les ombres portées qui sont présentes plus tôt. Sauf qu'aujourd'hui le ciel est très nuageux et qu'il y a même un vent frais, je décide donc de monter directement. Je ne suis pas un adepte du positivisme à outrance mais le bon côté de la chose c'est que ça va m'éviter la chaleur infernale et les ombres sur les rochers
Bien sûr, ça va aussi m'empêcher d'avoir les photos avec le ciel bleu qui déchire... On ne peut pas tout avoir ! Autant l'avouer, je suis assez nul en course d'orientation et à plusieurs reprises je suis bien content d'avoir ET les cairns ET les explications du BLM ET surtout le tracé GPS, sans cette aide je suis persuadé que je me serais paumé plusieurs fois, le sol étant la plupart du temps en rocher, pas moyen de suivre les traces de pas des visiteurs précédents ! Malgré le ciel chargé, les paysages sont hallucinants, de part les couleurs et les formes des rochers qui les composent. Il y a aussi pas mal de fleurs
C'est sacrément dépaysant. Si le temps indicatif donné pour rallier The Wave est d'1h30 il me faut 2 bonnes heures pour y arriver, et je me dit qu'en plein cagnard ce doit être harassant.
IN-CRO-YABLE ! Quel autre mot peut venir à l'esprit lorsque les yeux se posent sur cette vague de rocher ? Même si on sait ce qu'on va voir, on reste tout de même estomaqué ! Je contourne la première gorge et
surprise ! 3 de ceux qui m'ont précédé ont « monté le camp » en plein milieu du site. Sac à dos ouvert, appareils photos sur trépied
Visiblement ils attendent le soleil. Je passe derrière eux avant de prendre un peu de hauteur. Je cadre, déclenche
juste au moment ou un autre loustic débouche de derrière un rocher. Ben ça alors ! Je cadre dans une autre direction et
découvre une tête surmontée d'un chapeau de cow-boy dans mon viseur ! D'un coup la phrase de Sedonax résonne à mes oreilles - ce qui n'est pas forcément évident pour une phrase lue ! - « Tu verras le site est assez petit et quand tout le monde y est en même temps ça fait beaucoup de monde ! ». Je confirme Philippe, je confirme ! Sauf que moi j'ai quelques atouts dans ma manche, notamment le fait d'être sur VF et de connaître Sedonax ainsi que le livre « Photographing the South West » de Laurent Martres et
Sedonax aussi connu sous le nom de Philippe Schuler ! Le Sedonax ayant exploré Coyote Buttes North ( la zone dans laquelle se situe « The Wave ») sous toutes les coutures lors de visites aussi répétées que nombreuses, il a écrit le chapitre qui concerne cette partie du monde dans le susnommé bouquin. C'était donc LA bonne personne pour m'indiquer les autres spots à voir dans les environs.
Je file sur Second Wave, moins exubérante que The Wave mais de toute beauté et surtout
j'y suis seul ! Apparemment aucun des autres n'a l'air de souhaiter quitter le premier spot. Lors des heures qui suivent, malgré quelques passages un peu limites où je me dis que je ne dois pas avoir trouvé le bon accès et où je suis content d'avoir mis mes chaussures super accrochantes de Spider Man, j'admire dans une solitude totale - et donc géniale - les Brain Rocks, Top Rock, Melody Arch, Second Wave, une niche avec une petite dune de sable au milieu, une splendide alcôve avec des délicates striures de rochers, un Hamburger, un Maxi Big Mac et tout un tas d'autres endroits tous plus splendides les uns que les autres. Je rencontre même mon premier mais pas dernier rocher visage ! Bien sûr ça aurait probablement été plus joli avec le ciel bleu et un beau soleil mais on ne choisit pas sa météo et sauter comme un cabri de rocher en rocher aurait été bien plus fatigant ! Je reviens sur The Wave vers 12h30, fourbu mais content. J'ai une vue plongeante sur le spot puisque j'y arrive par le haut et
ARGHHH !! il doit y avoir 10 personnes en train de « camper » en plein milieu et ça court partout tout autour ! Bien pire que ce matin ! Je reprends un peu de hauteur et mange quelques barres de céréales. Au bout d'une demi-heure je vois la plupart des gens repartir, bientôt il n'en reste que trois, étalés en plein milieu. Je redescends malgré tout et photographie autour du site. Puis, je m'assieds quelques dizaines de mètres au-dessus des trois et j'attends. Je refuse d'être venu jusqu'ici et de ne pas ramener une photo sans personne dessus, pour les nuages je n'y peux rien mais pour les gens
suffit d'attendre ! Une grosse demi-heure après, probablement convaincus que le soleil ne se montrera pas aujourd'hui et alors qu'il tombe même quelques grosses gouttes, ils remballent et redescendent. ENFIN, LA WAVE EST A MOI ! Après avoir pu photographier le cur du site, je prends à mon tour le chemin du retour. 2h00 plus tard, et sans avoir oublié de signer le registre attestant que je suis sorti du site et que ce n'est pas la peine de lancer des recherches pour me retrouver, je m'écroule dans ma voiture : je viens de passer plus de 8 heures à folâtrer dans les rochers et je suis tout simplement mort de fatigue ! Je pense que j'arriverais malgré tout à trouver l'énergie suffisante pour aller voir les Toadstool Hoodoos (ce qui s'appelait cheminés de fées en Turquie ce nomme Hoodoos aux USA) mais la météo est vraiment trop menaçante et je n'ai pas envie de me retrouver sous la pluie avec une cape de pluie qui me ferait ressembler à un Télétubbie ! J'abandonne donc la visite aux Hoodoos ainsi qu'à Old Paria Set, un ancien plateau de tournage de films. Du coup j'ai une fin de journée assez tranquille, j'en profite pour photographier ce qui frappe lorsqu'on arrive à Page par le nord : la dizaine d'églises de confessions différentes qui ponctuent l'entrée de la ville puis pour passer un coup d'eau sur la voiture. Pour ne pas retourner dans le resto où ils m'ont inclus d'office le tip hier, je vais dîner au Fiesta Mexicana. Le patio est sympa, idéalement rafraîchi par une petite brise et à la question « Inside or Outside ? » je réponds évidemment que je veux être à l'extérieur. Par contre, la quasi-totalité des Américains qui arriveront après moi ouvriront des yeux horrifiés et voudront manger inside ! « It's too breezy » s'exclamera même l'un d'eux ! Ben tiens ! Par contre à l'intérieur, il y a 12° parce que la clim' est à fond mais ça n'est pas gênant ?? Ca fait avancer mon étude sociologique, il semble donc que l'Américain moyen craigne confusément de devoir subir « la nature » et fasse tout son possible pour n'évoluer que dans des milieux qu'il peut contrôler
Pour en revenir au Fiesta Mexicana, le repas arrosé de Corona me coûte 32 $ mais on sent bien qu'on est dans un resto de chaîne, sans y être mauvaise, la nourriture manque un peu de personnalité
et de quantité !
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